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Eloge du bricoleur

En référence de l’ouvrage de Mattew B. CRAWFORD, Éloge du carburateur. Essai sur le sens et la valeur du travail, ce post voudrait rendre hommage à cet auteur, réparateur de moto et philosophe.

Dans cet ouvrage, il plaide en faveur du travail manuel et nous interroge sur cette société de la connaissance et des travailleurs intellectuels. Derrière son argumentaire, parfois très mécanique, il nous rappelle que nous avons oublié ce qu’est le « bon travail » qui serait, selon lui, constitutif d’une vie bonne. Entre phénoménologie du quotidien et analyse microsociologique de l’activité de mécanicien, il défend – le caractère central de l’expérience, la confrontation avec le réel, le rapport physique avec les objets et les choses.

Mattew CRAWFORD défend – le caractère central de l’expérience, la confrontation avec le réel, le rapport physique avec les objets.

Voilà bien des choses que nous (mon cher-et-tendre et moi-même) avons perdu dans nos boulots. Pourtant, lui ingénieur mécanicien, je pensais qu’il serait plus proche des objets eh bien non, ces objets sont informatisés, modélisés et vendus sans jamais voir le produit finit (sauf quand il y a des problèmes). Quant à mon travail, les ouvrages numériques m’epèchent ce rapport physique avec le libre, l’expérience de recherche n’est plus central, c’est la gestion de projet qui m’éloigne peu à peu du cœur du métier. En effet, nous partageons l’avis de Crawford, le travail moderne nous emmène à la séparation de nous-même.

Et c’est dans ce contexte, que ces projets de rénovation nous permettent de nous confronter avec soi, avec ces erreurs, ces apprentissages, ces défauts, avec ces objets. Quel plaisir de toucher du tissu alors que toute la journée, j’ai uniquement « tappé » au clavier, (bien que l’écriture du blog m’éloigne à nouveau du tissu) . Quel plaisir de couper le bois, de planter un clou et surtout de mettre mes mains dans la terre du potager.

Mais à la différence de cet auteur, nous ne rejetons pas en bloc la modernité, elle a au contraire sa part positive, car au fond le bricolage, la couture et tout ce qu’on a besoin de faire au quotidien, nous l’avons appris grâce à la transmission des savoirs par le web et nos anciens du village, grâce aux discussions sur les forums, les blogs ou avec les voisins, voilà donc encore une forme de mixité.

 

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